Pourquoi la CGT a dit « NON » à la réorganisation de DIN BS

Pour la CGT, analyser objectivement cette réorganisation impose de ne pas regarder uniquement la partie « production ». Il faut à notre avis au contraire avoir une macro-analyse de notre entreprise. C’est ce qui a guidé notre vote au Comité d’Établissement. Nous étions d’ailleurs les seuls à prendre position « contre » cette réorganisation. La CGC étant pour, et les autres n’ayant pas d’avis.

 

Études Emménagement

Au niveau des études, et notamment de l’emménagement, on sait que Naval Group sous traite actuellement les 2/3 de la charge. Elle envisage par ailleurs d’augmenter ce taux de 20 à 30 %. Naval Group va donc sous-traiter pratiquement 85 % de son activité emménagement.

Ce chiffre n’est pas anodin. En effet, 85 % de sous-traitance dans l’emménagement, c’est le taux de sous-traitance qui a été atteint à Cherbourg et on en voit aujourd’hui le résultat sur Barracuda … plus de 2 ans de retard.

Alors certes un navire de surface n’est pas un sous-marin, mais le risque de perte de maîtrise du programme est bien réel et on ne peut pas faire comme si cela n’avait pas d’importance.

Dans le même temps, un nouveau logiciel (CDV : Cycle De Vie) pour les études sera mis en service pour le programme FTI.

Ces 2 points génèrent, qu’on le veuille ou non, un certain risque au niveau des études.

 

FIRA, ODIN et la Supply Chain …

La mise en œuvre de FIRA et ODIN, qui ne fonctionnent pas encore de manière optimale et qui sont des logiciels qui n’ont encore jamais été utilisés, ajoute encore aux risques.

Par exemple : l’INDUStrie ne pourra plus changer les gammes à la place de l’ORDOnnancement, contrairement à ce qui se pratiquait avant …

Cela, cumulé à l’erreur qui consiste à externaliser la Supply Chain et donc à dépendre d’un sous-traitant pour approvisionner la production, c’est prendre un ensemble de risques qui ne sont que peu ou pas maîtrisés.

 

Réorganisation de la production (MI et CS)

La réorganisation voulue par la direction, c’est créer une division assemblage (AEF). Celle-ci aura pour seul et unique but de tenir ses propres délais. Peu importe si les différents ateliers de notre entreprise manquent d’activité !

Si la tenue de jalon passe par l’externalisation d’activité, le « client AEF » fera appel à des fournisseurs extérieurs ! En fait, c’est la mort du collectif soi-disant essentiel pour notre direction.

En même temps que la réorganisation de AEF, l’atelier coque (2AP) se restructure ! Pourquoi pas, si cela doit améliorer les conditions de travail.

Mais pour l’instant rien n’est clair ! La direction est bien incapable de nous expliquer si l’on pourra toujours fabriquer une FREMM ? Nous avons dit « fabriquer » pas uniquement « assembler » !

C’est-à-dire, l’atelier Coque sera-t-il en capacité de fabriquer les anneaux de FTI et de FREMM ? En aura-t-il la capacité physique ?

Il y a 3 ans, l’organisation de cet atelier permettait de passer 1 FREMM (6000T) en 7 mois ! Aujourd’hui on nous annonce 1 FTI (4000T) en 9 mois ? La CGT pose la question (et nous ne sommes pas les seuls) est-ce suffisant ?

C’est bien l’ensemble de ces évolutions qui, mises bout à bout, risquent de générer au final un profond dysfonctionnement. Notre Direction avoue prendre des risques …
C’est facile de prendre des risques… mais la vraie question c’est : « qui les supporte et qui paye les pots cassés », quand les risques pris ont été trop importants ?
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